A lie’s still a lie even when it’s white

7 01 2011

Lie To Me Cast

Quel est le point commun entre Pulp Fiction, des sorciers, la couleur blanche, une bombe latino et un habitué des teen awards ? Là comme ça, vous ne voyez pas ?
Indices : un nom, Cal Lightman. Une obsession, la vérité. Une ville, Washington. Une inspiration, Sherlock Holmes. Toujours pas ?
Bienvenue dans l’univers de Lie To Me.

Sherlock’s son

Dans la lignée des séries d’investigation de ces derniers mois (merci Syracuse Cat pour les nombreux conseils que tu m’as donnés à ce sujet), Lie To Me met d’abord en scène un personnage. Et quel personnage. Pumpkin, Mr Orange, Thade, Cromwell, au moins un de ces noms vous rappelle quelque chose, et pour cause : l’excellent Tim Roth a fluctué de Quentin Tarantino à Tim Burton, avec toujours un talent égal dans ses rôles. Et le voici donc sous les traits du Docteur Cal Lightman, un scientifique à la tête d’une organisation qui collabore avec divers organismes dans un but ultime : la recherche de la vérité. J’insiste sur le mot « traits ».

Oui, car Cal Lightman n’est autre que l’inventeur des microexpressions, ces contractions des muscles du visage qui durent guère plus d’1/25e de seconde et sont associées à des émotions universelles. Peur, colère, tristesse, le panel est bien assez large pour savoir en un clin d’œil si quelqu’un ment, ou pas.
Vous pensez arborer un sourire parfait en déclarant votre flamme à votre épouse, encore tout auréolé du Chanel de votre maîtresse ? Mais les coins de vos yeux ne sourient pas, eux : vous mentez.
Accusé de meurtre après des aveux complets, vous pensez aller droit à un procès prévisible ? Mais votre main esquisse un geste de honte pendant que vos yeux trahissent la tristesse… Vous n’avez pas tué, vous couvrez quelqu’un.

Doté des mêmes pouvoirs de déduction qu’un Sherlock, la science en plus, avec un caractère impossible à vivre au quotidien mais si attachant à l’écran, Cal Lightman est à la fois le chantre de la vérité et l’un des menteurs les plus talentueux sur Terre. Un personnage bien servi par Tim Roth, un voyou au sourire si charmant, quelque part entre la roublardise et la Séduction. Oui, avec un S. Majuscule.

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Les Microexpressions (point science, si ça ne vous intéresse pas, passez à la suite :p)

Quelques mots à propos de cette théorie, qui si elle sert ici un personnage imaginaire est en fait issue de recherches bien réelles. L’idée apparaît en 1966 dans une étude par Haggard et Isaacs et se développe ensuite à travers plusieurs recherches notamment sur vidéo, grâce à William Condon, John Gottman et Paul Ekman (hmm Paul Ekman, Cal Lightman, rings kind of a bell…).
Cependant les microexpressions ne sont qu’une infime partie d’une recherche plus grande (utilisée d’ailleurs dans la série), celle sur le langage corporel. Zweig racontait qu’on n’observe jamais mieux quelqu’un qu’en regardant ses mains, et une étude des années 60 détermine que seuls 7% de notre communication sont assurés par des mots. Vs. 93% donc, constitués de ces signes périphériques, les mouvements de notre corps, notre maintien, une expression fugitive.

Ces gestes incontrôlables sont réellement utilisés dans les enquêtes policières, et plusieurs programmes d’entraînement aux microexpressions ont vu le jour. Le premier, nommé Wizards Project (d’où les sorciers), consistait à déterminer combien de personnes savaient détecter naturellement le mensonge chez les autres. Réponse : 0,25% sur un panel de 20 000 personnes. Ces 50 personnes qui sont appelées les « Truth Wizards » se fondent intuitivement sur les microexpressions, mais aussi la logique d’un discours, le langage corporel en général, les incohérences, etc. Et sont capables de déterminer avec une certitude parfaite la vérité ou la fausseté des paroles de quelqu’un.
Suite à ce constat, la plupart des scientifiques impliqués dans le projet ont créé des logiciels d’entraînement à la détection de mensonges – je vous propose notamment celui du docteur Ekman et celui de la compagnie Global Emotion, on ne sait jamais, des fois que vous avez des heures et des sous à perdre. Eh oui, car la vérité a un prix…

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Une fine équipe

Pour revenir à nos moutons après ce détour informatif, Cal Lightman n’est pas seul dans son combat scientifique contre le mensonge, et son ouverture à son petit monde le rend bien moins autiste, plus sympathique que la plupart des héros Sherlockiens que nous voyons évoluer sur les petits écrans.

Dr. Foster

Pour commencer, il se laisse épauler par son associée, la psychologue Gillian Foster (tiens Ekman bosse avec une psy nommée Maureen O’Sullivan…), une femme non sans secrets et blessures, mais d’un optimisme à toute épreuve et d’un grand tact – qualités dont son alter ego ne peut pas vraiment se targuer.

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Eli Loker

Ils sont accompagnés d’un assistant scientifique, le très sexy et très peu doué Eli Loker, l’homme qui pratique la « franchise extrême ». Peu étonnant que les rendez-vous amoureux de ce savant déphasé, qui élève une ferme de fourmis et demande à toutes les femmes qui passent de coucher avec lui (messieurs ne haussez pas les épaules vous avez tous rêvé de pouvoir faire ça sans vous en prendre une), tournent tous au vinaigre…

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Ria Torres

Enfin, dans le pilote de la Saison 1, ils sont rejoints par la hotissime Ria Torres, une bomba latina qui fait partie des Truth Wizards, les « naturals », ceux qui savent sans aucun entraînement – « I dated a lot of men » dit-elle – déceler tous les mensonges.

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L’ex-femme avocate et la fille adolescente de Lightman constituent les dernières touches à ce tableau, où toutes les personnalités sont juste assez ambiguës pour être attachantes.

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Récapitulons

  • Un super héros, qui est donc comme toujours ces derniers temps un anti-héros, mais c’est bien connu n’est ce pas, que les femmes aiment les bad boys et les hommes les envient, surtout quand ils ont un irrésistible accent anglais !
  • Un scénar bien ficelé, à coup de références scientifiques, d’intrigues vraiment bien fichues qui tiennent en haleine épisode après épisode, bourré de répliques savoureuses, tous les ingrédients qui vont bien.
  • Un thème policier original, qui nous entraîne dans les méandres de l’observation anthropologique, de quoi avoir envie de contempler pendant des heures vos petits camarades et découvrir qui vous ment !
  • Une équipe sexy et équilibrée qui sert à merveille les ressorts du scénario, assez diversifiée pour tous les goûts, assez restreinte pour qu’on puisse tous les connaître, donc tous les aimer !
  • ***

    Que demande le peuple ?
    Allez, vous avez une saison et demi à rattraper d’ici la suite de la série ce printemps, à vos streamings !

    « I pretend I’m asleep when my dad walks in
    I said I ate my chicken, but I just ate the skin
    You speak and say your lie and when your mouth says not
    Your pants are on fire, but they’re not too hot

    When it’s a…

    White Lie »

    White lie, Zachary Pincus-Roth, S. 02, Ep. 10

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