La putain et le gentilhomme

7 01 2011

Lorsqu’on regarde un film qui nous marque, ou qu’on entend une musique qui nous touche, d’avoir accompagné pendant une heure ou deux cette émotion et de l’avoir laissé pendant ce laps de temps se développer et germer en nous donne à l’oeuvre un statut particulier, nous attache à elle d’une certaine façon. Et pourtant elle n’aura croisé notre chemin que brièvement, et l’impression qu’elle nous laisse est un tout, une madeleine de proust dotée d’un goût unique, mais un. En revanche, il n’en va pas de même pour les livres, du moins pas tous les livres. Il est vrai qu’une nouvelle lue en une demi-heure ou un roman policier rondement mené dont l’intérêt essentiel tient à l’intrigue et à une vivacité de style, auront un effet similaire sur nous. Mais un vrai roman ne se développe que dans le temps. Que nous le dévorions en deux jours pleins passés penché au-dessus de ses pages, ou qu’il s’immisce lentement dans notre intimité au fil des trajets en métro et nous accompagne pendant un mois entier, il devient une partie de notre vie, réellement un compagnon avec qui nous entretenons une conversation bien plus longue qu’avec certains de nos amis.

Lire le reste de cette entrée »

Publicités